Rencontre avec Pierrette, bénéficiaire de l’Auberge Madeleine

Rencontre avec Pierrette, bénéficiaire de l’Auberge Madeleine

Chaque femme accueillie à l’Auberge Madeleine a son histoire. Aujourd’hui, nous vous racontons celle de Pierrette, âgée de 66 ans.

Pierrette a eu une enfance difficile. Elle se souvient qu’à l’âge de 13 ans, elle a connu le Chaînon, qui à l’époque portait le nom de l’Accueil aux fillettes. Elle avait passé l’été au Chalet de Sainte-Rose et avait ensuite été transférée dans la maison construite à Montréal par le Cardinal Léger. À l’âge de 14 ans, elle a été placée dans un centre d’accueil et tout fut encore plus difficile par la suite.

« À l’âge de 16 ans, on m’a renvoyée du centre d’accueil, il  fallait que je me débrouille toute seule. À l’époque, il n’y avait pas de travailleurs sociaux pour me guider. Imaginez-vous! À 16 ans, je ne savais pas où aller. Je ne savais que faire, j’avais seulement deux billets d’autobus», raconte Pierrette.

Pierrette se débrouille seule depuis qu’elle a 16 ans. Avant d’être accueillie à l’Auberge Madeleine, personne ne lui avait donné une petite tape sur l’épaule pour l’encourager. Comme elle le dit, sa vie c’était : « de la domination, à partir de mon jeune âge, dominée, dominée, bûcher, bûcher! »

Pierrette se souvient toujours de son arrivée à l’Auberge Madeleine : « je m’en rappellerai toujours, c’était le 5 avril 2005 et c’est Linda qui m’a reçue. Linda est ricaneuse, alors quand je suis entrée elle m’a souri. » À l’Auberge Madeleine, Pierrette ne se sentait plus dominée, elle se sentait aimée, encouragée et elle pouvait y aller à son rythme.

« Je ne dirais pas que j’étais complètement démolie, mais je n’avais pas de stabilité. Je n’ai pas été habituée à la stabilité. Je n’ai jamais appris à être stable, ce n’est pas parce qu’on devient adulte qu’on connaît la stabilité, ça m’a pris du temps. J’avais des logements, je ne voulais plus rester là, je voulais tout le temps du nouveau. À 66 ans, il faut de la stabilité! »

Depuis juillet 2013, Pierrette a son propre logement et elle bénéficie de l’accompagnement d’une intervenante de l’Auberge, un projet soutenu par L’ŒUVRE LÉGER. Elle est fière du cheminement qu’elle a fait : « Aujourd’hui, je vis bien chez moi. J’ai ma pension et il n’est plus question d’aide sociale pour moi. Je suis capable d’avoir un logement convenable à un prix abordable. Je reçois de l’aide externe de l’Auberge Madeleine par l’intervenante Audrey. On s’agace! L’humour quoi! J’aime beaucoup l’humour! Parfois, Audrey vient dîner chez moi. J’adore cuisiner, j’aime faire plaisir, j’aime faire des belles assiettes. Une fois,  j’avais besoin d’aller faire des courses, je m’y suis rendue avec mon transport adapté et Audrey est venue magasiner avec moi et ensuite on a mangé au restaurant. C’était plaisant! »

Pierrette est très reconnaissante envers les intervenantes de l’Auberge : « Je n’oublierai jamais l’Auberge Madeleine qui m’a aidée sans condition et qui continue de m’apporter beaucoup. J’ai toujours dit que si jamais je gagnais le gros lot, il y aurait une grosse partie qui irait à l’Auberge. »

Pour éviter que des jeunes femmes se trouvent à la rue comme Pierrette à l’âge de 16 ans, faites un don à L’ŒUVRE LÉGER.
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