Un temps d’arrêt et de soutien pour mieux repartir

Un temps d’arrêt et de soutien pour mieux repartir

Au bercail, Saint-Georges

Même si le phénomène est moins visible que dans la métropole, les problèmes liés à l’itinérance sont bien présents à Saint-Georges. L’histoire de Keven, 22 ans, résident du Bercail, le montre bien. Sans domicile fixe, tout juste sorti d’une autre cure de désintoxication, il avait besoin de l’aide du Bercail pour se loger, se nourrir, mais également pour poursuivre sa thérapie.

« J’ai commencé à prendre de la drogue à 12 ans. Je me suis mis à consommer de plus en plus de drogues. Pour moi, c’était normal de consommer avec ma mère et mon beau-père. J’avais pas le milieu familial sain dont un jeune a besoin pour devenir autonome et confiant. C’était toxique, j’avais besoin d’encadrement, il fallait que je sorte de là. »

– Keven, résident du Bercail

L’organisme est ouvert aux adultes de tout âge, mais il est de plus en plus fréquenté par les jeunes de 18 à 30 ans. Les causes de fréquentation sont multiples : carences affectives, familles dysfonctionnelles, problèmes de décrochage au secondaire, délinquance, idées suicidaires et troubles du comportement.

« Pour ces gens, Au Bercail se veut un temps d’arrêt et de soutien. Comme Keven, ils arrivent en état de grande vulnérabilité et on travaille avec eux sur leurs forces pour qu’ils se reprennent en main et pour les aider à devenir des citoyens à part entière »

– Cathy Fecteau, directrice de l’organisme

Depuis 32 ans, Au Bercail accueille annuellement jusqu’à 23 personnes vivant des difficultés personnelles ou familiales temporaires, il offre l’hébergement pour assurer la transition entre deux domiciles, tout en accompagnant les personnes dans leur démarche de réinsertion sociale.

Au Bercail offre quatre services d’hébergement spécialisés. L’organisme peut ainsi assurer une bonne continuité de services adaptés aux besoins des participants et effectuer un travail de proximité, notamment avec l’Accueil inconditionnel qui intervient lorsque la personne est en crise, mais aussi avant et après, tout en la guidant vers les ressources existantes. Selon Nancy Poulin, coordonnatrice clinique, « le rôle des intervenants est de mettre en action les gens en leur offrant une structure et des interventions diversifiées, qui mettent l’accent sur leurs rêves et leurs forces pour qu’ils puissent avoir des projets de vie ».

Déterminé à poursuivre sa thérapie, Keven est sobre depuis maintenant trois mois. Il veut retourner aux études en travail social pour venir en aide aux jeunes, de leur faire voir qu’il est possible de s’en sortir. Si la tendance se maintient, tout porte à croire qu’il se dirige vers un avenir prometteur et qu’il sera bien placé pour comprendre un jeune vulnérable et le guider.

Au Bercail est reconnue en Beauce pour son rôle actif en prévention de l’itinérance en offrant hébergement, suivi et accompagnement aux participants. L’ŒUVRE LÉGER en est un fier partenaire depuis 13 ans dans le cadre de son volet en innovation sociale.

page1Cet article est issu de l’édition hiver-2015-2016 du Bulletin d’information de L’ŒUVRE LÉGER – AIDE AUX SANS-ABRI. Pour lire la version intégrale du bulletin et découvrir tous les documents publiés par L’ŒUVRE LÉGER cette année, visitez la page Publications de notre site.

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