Prévenir l’errance chez les adolescents

Prévenir l’errance chez les adolescents

SQUAT Basse-Ville, Quartier Saint-Roch, Québec

Les facteurs associés au risque de vivre dans la rue apparaissent souvent tôt dans la vie des personnes.

Très jeune, Julie a connu le divorce de ses parents, subi de la violence familiale, eu des problèmes de consommation, rejoint le Centre jeunesse et vécu sur les bancs de parc de Québec. Par chance, elle a toujours pu compter sur le SQUAT Basse-Ville pour l’écouter et la conseiller.

Julie a fréquenté pour la première fois cet endroit lorsqu’elle n’avait que 12 ans. Elle avait fait l’école buissonnière et sa mère l’y avait déposée pour un répit de courte durée, de peur qu’elle recommence ou qu’elle fugue. Or, tout au long de son adolescence, les facteurs fragilisants qui peuvent mener vers les situations d’itinérance ont été présents : négligence parentale et violence. Bref, Julie ne pouvait pas compter sur le soutien de sa famille. « Si j’étais en crise ou si j’avais besoin d’aide, je me faisais frapper ou rabaisser », explique-t-elle. Julie s’est donc mise à consommer, à fuguer, à errer d’un parc à l’autre et elle a fini par être prise en charge par le Centre jeunesse de Québec. « Chaque fois que j’en avais l’occasion, je retournais au SQUAT. Ils ont toujours été présents pour me soutenir dans mes épreuves, m’écouter, me conseiller et m’aider à prendre des décisions. »

Le SQUAT Basse-Ville offre un lieu d’hébergement et d’accueil ainsi qu’un service de travail de rue pour les adolescents de 12 à 17 ans en fugue, en rupture avec leur milieu ou en situation d’itinérance. « Notre objectif est de travailler avec eux sur les fugues, de favoriser un retour vers leur milieu d’appartenance, si possible, et de développer leur autonomie », indique Marie-Soleil Bruyère-Girard, directrice adjointe et responsable du volet résidentiel du SQUAT.

Le SQUAT Basse-Ville est le seul organisme dans la région de Québec à travailler principalement auprès des adolescents en fugue.

« Le soutien récurrent de L’ŒUVRE LÉGER représente beaucoup. D’un point de vue financier, ça représente la survie de l’organisme et d’un point de vue organisationnel, c’est un partenaire qui nous appuie avec une vision globale et qui nous accompagne avec toute son expérience », souligne Marie-Soleil.

Julie vient de fêter ses 18 ans et son unique souhait est d’avoir une vie stable. « J’aimerais bien me projeter dans l’avenir, mais pour l’instant, mon seul désir est de retrouver un équilibre dans ma vie et une stabilité – ce que je n’ai jamais eu –, et de vivre un jour à la fois. »

Cet article est issu de l’édition Hiver 2017 du Bulletin d’information de L’ŒUVRE LÉGER AIDE AUX SANS-ABRI. Pour lire la version intégrale du bulletin et découvrir tous les documents publiés par L’ŒUVRE LÉGER cette année, visitez la page Publications de notre site.

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