Kamisaraki? Waliki! (Comment vas-tu? Bien!)

Kamisaraki? Waliki! (Comment vas-tu? Bien!)

Un peu plus d’un mois après notre arrivée à Puno, la fenêtre d’adaptation des membres du stage, telle que décrite dans notre premier article, est terminée depuis longtemps. Nous avons ainsi pu, au cours des dernières semaines, entrer dans la phase de réalisation des nombreux projets qui constituent notre mandat. Nous nous sommes également imprégnés un peu de l’Aymara, langue autochtone de la région, comme le souligne notre titre!

Apprendre par le jeu

Marie-Claude au moment d’animer un petit groupe lors de notre activité de sensibilisation.

C’est donc sous un soleil de plomb, le mardi 27 juin, que notre première activité de sensibilisation auprès des jeunes de l’école primaire de Culta a eu lieu. Âgés de 7 à 11 ans, les jeunes ont formé des équipes de 4 à 5 élèves de manière à équilibrer les différences d’âge, en plus d’atteindre un équilibre garçons/filles dans chaque groupe. Chaque équipe devait, à partir d’une image représentant un aspect de la nature, par exemple l’eau, l’agriculture, ou encore la pollution, énumérer leurs connaissances sur le sujet en question. En prenant l’exemple de l’eau, les jeunes arrivaient à la conclusion qu’elle était nécessaire à tous les êtres vivants, que ce soit les animaux, les plantes, les êtres humains, etc. Elle était également très utile pour l’agriculture, les tâches ménagères, la cuisine, etc. Toutefois, elle pouvait également se retrouver polluée par les déchets et les produits chimiques.

Émilie qui anime un groupe de jeunes lors d’un jeu axé sur le thème de l’environnement.

Au terme de l’exercice, les groupes se réunissaient afin de faire une liste de tous les thèmes sur lesquels ils avaient réfléchi et c’est ainsi que des liens furent faits entre les différentes idées. À l’aide d’un schéma heuristique, illustré par les mêmes images utilisées au cours de leur réflexion, les jeunes prenaient conscience de l’interconnectivité présente entre tous les éléments de la nature. Ainsi, les jeunes arrivèrent facilement à la conclusion, à l’aide du schéma, que la pollution présente dans le cours d’eau utilisé pour abreuver le bétail et irriguer les champs remonte rapidement la chaîne alimentaire et peut causer des problèmes de santé à leur famille et à eux-mêmes.

À partir de ces résultats, une discussion de groupe axée sur les solutions possibles, comme la simple utilisation des poubelles et la réduction des déchets, a permis de leur donner quelques outils afin de réduire leur impact sur leur environnement.

Grâce à ces idées, nous avons pu introduire la création d’une brigade verte auprès des élèves de l’école. Les brigades réparties équitablement selon l’âge et le genre seront à présent responsables de l’environnement au sein de leur milieu scolaire!

Florie et Éva en pleine action durant la confection collective du schéma environnemental!

« Des participants, pas des bénéficiaires! »

Cérémonie de remerciements à la Pachamama pour l’achat d’un tracteur par un groupe d’agriculteurs dans la région de Platería.

Au cours des dernières semaines, nous avons eu l’opportunité de visiter les installations du projet Innovation et Mobilisation pour la Sécurité Alimentaire (IMSA) implantées par l’organisme CINDES et les paysans participants de la région. Le 28 juin dernier, nous sommes allés dans la communauté de Platería afin de participer à une cérémonie d’ouverture de la saison d’agriculture 2017-2018. Étaient présents plusieurs employés de CINDES ainsi que des producteurs et productrices afin d’inaugurer le nouveau tracteur sous des jets de boissons gazeuses, de bières et de vin sucré. Pour s’assurer d’une saison productive, les personnes présentes ont fait don à la terre, et donc la Pachamama, de plusieurs boissons que nous avons ensuite partagées tous et toutes ensemble. Nous avons visité quelques bâtiments de conservation servant à entreposer une nourriture plus nutritive et plus durable pour les animaux d’élevage. Maria Guay, responsable du projet IMSA chez CINDES, nous a présenté Mario, un participant du projet, qui avait construit en partie son bâtiment de conservation.

Comme on nous l’a expliqué, les producteurs et productrices dans les projets sont considérés comme des participants et non des « bénéficiaires ».

Le principe communautaire de « Ayni »

Cérémonie de remerciement auprès de la Pachamama pour sa source d’eau à Kollakachi.

Le 4 juillet dernier, nous avons encore eu l’occasion de visiter une autre communauté touchée par IMSA : Kollakachi. Nous avons rencontré les membres d’une association de paysans, nommée Casa Blanca, qui existe depuis maintenant 8 ans. On nous a fait connaître le principe « Ayni » qui est une forme de travail collectif où chaque membre reçoit sur sa terre l’aide de l’association de façon rotative.

Nous avons assisté à une autre cérémonie de remerciement à la Pachamama afin que l’installation du nouveau système d’irrigation auprès d’une source naturelle, très utile pour la saison sèche, soit fructueuse. Cette rencontre fut bien enrichissante pour notre stage.

Bref, les dernières semaines ont été bien chargées malgré quelques imprévus à l’horaire. Nous avons été stimulés par nos divers projets et bien fiers des activités réalisées auprès des étudiants de la communauté de Culta!

Jikisinkama! (À bientôt!)

Jimmy Rainville et Florie Dumas-Kemp
Stagiaires du programme Québec Sans Frontières (QSF)
L’ŒUVRE LÉGER

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