Retour sur un colloque international

Retour sur un colloque international

Du 24 au 27 septembre dernier avait lieu à Québec le Colloque International sur la sécurité alimentaire et la nutrition à l’heure des changements climatiques. Notre collègue Richard Simard était sur place, et nous offre un résumé de son expérience.

Je reviens de Québec où je représentais L’ŒUVRE LÉGER (et par ricochet nos partenaires du projet IMSA, programme financé par Affaires Mondiales Canada) au Colloque international sur la sécurité alimentaire et la nutrition à l’heure des changements climatiques. Ce colloque, organisé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Ministère des Relations internationales et Francophonie (MRIF) du Gouvernement du Québec, réunissait du 24 au 27 septembre 2017, de nombreux chercheurs et chercheuses et plus de 60 conférenciers internationaux qui ont discuté notamment de l’importance des systèmes agroalimentaires dans la lutte contre les changements climatiques.

Signe des temps, une chaleur anormale sévissait sur la ville en ce début d’automne québécois. Un peu plus de 30 degrés avec humidité, alors que nous devrions connaître 15 à 20 degrés au maximum, nous étions donc bien dans le ton des changements climatiques.

Tout au long de ce colloque, il est clairement ressorti que l’on ne peut plus rien prévoir, ni la climatologie, ni la pluviométrie, ni les rendements à l’hectare, etc. Nous sommes dans une époque d’impermanence. L’adaptation constante (presque journalière) est de mise, et les mécanismes de résilience des populations face aux changements climatiques sont devenus essentiels à leur survie. D’ailleurs il est important de mentionner que les populations rurales n’ont jamais attendu les sages conseils des universitaires ou des experts d’organisations internationales; ils sont déjà à pied d’œuvre dans l’application locale de mécanismes d’adaptation concrets.

Nous devons œuvrer à la reconstruction des liens essentiels entre les producteurs et les consommateurs, à l’établissement de jardins scolaires, à rapprocher la production de la table, bref, à révolutionner nos systèmes alimentaires. On nous parle d’une agriculture climato-intelligente, et il y a urgence à agir.

Pour ce faire, il nous faut désormais :

  • augmenter les puits de carbone;
  • étendre la couverture verte;
  • favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes;
  • développer des systèmes alimentaires sensibles à la nutrition;
  • développer des approches filières qui renforcent la chaîne de valeurs;
  • diversifier les productions agricoles;
  • établir des mécanismes de stockage de proximité;
  • favoriser la transformation des produits agricoles;
  • développer des systèmes agro-sylvo-pastoraux qui optimiseront l’utilisation des ressources naturelles;
  • mettre l’accent sur la formation des paysannes et des paysans en favorisant aussi les échanges d’expérience;
  • faciliter l’innovation paysanne ainsi que la mise en valeur des savoirs ancestraux;
  • optimiser la captation des eaux pluviales et de ruissellement;
  • Et tellement plus!

On peut reconnaître dans cette liste la majorité des composantes de notre programme d’Innovation et Mobilisation pour la Sécurité Alimentaire (IMSA). En les réaffirmant haut et fort lors de ce colloque international, nous avons pu confirmer la bonne orientation du projet IMSA tant dans sa forme globale que dans ses expressions les plus concrètes auprès des paysannes et des paysans. Nous avons été entendus.

Les bénéfices de l’agroécologie ne sont plus à démontrer (qualité des sols, protection de l’environnement, cultures et savoirs traditionnels, qualité des aliments, etc.). Les revenus générés par l’agroécologie ne se calculent pas uniquement au niveau des rendements à l’hectare, mais aussi, et surtout, au plan des collectivités, au plan de la qualité des écosystèmes des sols, de l’eau, et des territoires dans leur intégralité. Ces avantages n’apparaissent jamais dans les rendements chiffrés, il nous revient alors à nous tous de leur donner une valeur et surtout de la défendre. Nos descendants nous en seront reconnaissants.

On retrouve aussi au sein de l’IMSA, une approche réellement centrée sur le renforcement des capacités des femmes productrices et des jeunes. Il a d’ailleurs été question pendant le colloque, et ce à plusieurs reprises, de la féminisation de l’agriculture, mais aussi de la féminisation de la pauvreté. Autant le ministère Affaires mondiales Canada, que les autres institutions présentes, orienteront leurs ressources pour remédier à cette situation. Il s’agira de prioriser le développement d’indicateurs spécifiques aux femmes et d’œuvrer au déploiement d’innovations, aux renforcements des capacités locales et à l’autonomisation des femmes, et au rôle de facilitation de nos agences dans ce domaine.

Finalement, il a beaucoup été question pendant ces quelques jours d’échanges de faire tomber les murs entre les différents acteurs sur le terrain, qui s’activent en agriculture, en alimentation, en environnement et aussi dans le domaine de la santé des populations. Nous sommes confrontés aux mêmes défis, face aux effets du changement climatique sur tous les continents, mais particulièrement dans les régions appauvries du Sud.

Je reviens de ce colloque avec une grande fierté de voir que nous sommes sur la bonne voie avec le programme IMSA, mais également avec de nouvelles idées pour faire grandir ce projet.

Richard Simard
Coordonnateur du projet IMSA
Innovation et Mobilisation pour la sécurité alimentaire
L’ŒUVRE LÉGER

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