Des résultats encourageants pour #UrgenceCameroun

Des résultats encourageants pour #UrgenceCameroun

L’ŒUVRE LÉGER et son partenaire le CDD-Caritas de Maroua-Mokolo mettent en œuvre depuis 2016, un projet d’assistance aux personnes vulnérables affectées par la crise dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Les pays du Bassin du Lac Tchad dont fait partie le Cameroun (et avec lui le Niger, le Nigeria, ou encore le Tchad) subissent en effet de plein fouet les agissements du groupe terroriste Boko Haram depuis plusieurs années. Les civils sont la cible régulière des violences commises par ce groupe, et la persistance de l’insécurité dans cette région, continue de générer d’importants déplacements de populations soit à l’intérieur des pays (déplacés internes), soit vers un pays frontalier (réfugiés).

Témoignage de Dzaouda

«Je m’appelle Dzaouda. Je vivais avec ma famille à Hidoua, quand les terroristes sont venus incendier notre maison. Nous nous sommes sauvés des flammes sans rien prendre. Le feu a brulé tout ce qu’on avait. Quelques jours plus tard, ils sont revenus prendre le fils de mon beau-frère âgé de 13 ans. La peur nous a envahis. Nous avons fui le village et sommes arrivés ici.»

Comme en témoigne Dzaouda, les personnes déplacées quittent généralement leur village dans la précipitation pour fuir les violences (les attaques ont souvent lieu la nuit), et ne peuvent emporter que très peu de choses avec elles : elles abandonnent leurs champs, naturellement ‒ et donc la possibilité de cultiver et de se nourrir ‒ mais laissent aussi sur place du bétail, des outils agricoles, des réserves de nourriture, des vêtements. Beaucoup de familles ont perdu leur maison et tous leurs effets personnels dans les incendies perpétrés par les terroristes de Boko Haram. Bien sûr, en dehors de la perte des biens, le préjudice psychologique est souvent énorme.

Dans les régions d’intervention de L’ŒUVRE LÉGER au Cameroun, la majorité des déplacés trouvent refuge dans des familles d’accueil, créant une pression importante sur des communautés hôtes aux ressources déjà limitées. Les populations hôtes, comme les populations déplacées, s’appauvrissent donc avec le temps et leurs besoins de base en eau potable, nourriture et abri, ne sont plus couverts.

Après les violences, la famine

L’année 2017 a été particulièrement éprouvante, puisqu’une famine sans précédent s’est abattue sur de nombreuses régions d’Afrique subsaharienne (ainsi qu’au Yémen), constituant la « pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », d’après le chef des affaires humanitaires de l’ONU. Les effets de cette crise alimentaire se sont faits sentir jusqu’au Cameroun, accroissant encore la vulnérabilité des populations déjà affectées par les agissements du mouvement Boko Haram.

Consciente de la nécessité d’agir au-delà de ses activités régulières d’aide humanitaire au Cameroun, L’ŒUVRE LÉGER a décidé d’initier une levée de fonds dans le cadre de l’urgence famine pour ce pays; la générosité du public québécois a permis à L’ŒUVRE LÉGER et à son partenaire le CDD-Caritas de Maroua-Mokolo d’apporter en décembre dernier un appui spécifique à des familles de trois villages particulièrement impactés par les difficultés d’accès à la nourriture. Le projet a visé particulièrement les femmes et les enfants, plus vulnérables lors de crises et davantage exposés aux risques d’abus.

Activité de distribution d’intrants nutritionnels pour les enfants, menée dans une communauté de l’Extrême-Nord du Cameroun.

Ce sont ainsi plus de 530 personnes qui ont été appuyées dans le cadre des activités suivantes :

Distribution de vivres :

Les personnes déplacées étant dans une situation d’extrême insécurité alimentaire renforcée par l’indisponibilité des ressources en temps de famine, elles ont bénéficié de la distribution de maïs, d’huile végétale, et de sel.

Appui nutritionnel aux femmes et aux enfants :

Les femmes (surtout enceintes et/ou allaitantes) et les enfants sont particulièrement vulnérables lors des crises, et leur équilibre nutritionnel est presque toujours compromis. L’assistance de L’ŒUVRE LÉGER et du CDD a consisté en le dépistage de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans, puis en la distribution d’intrants nutritionnels permettant la fabrication d’une bouillie enrichie à base d’ingrédients locaux à 113 mamans d’enfants identifiés comme malnutris. L’hygiène étant clef dans la préparation des aliments pour bébés, ces mamans ont également reçu un seau et du savon pour le rinçage des aliments et le lavage des mains. Enfin, des marmites et des gobelets ont également été distribués pour la cuisson des bouillies, et pour que les enfants puissent les consommer.

Ces mêmes mamans ont également bénéficié d’une formation aux bonnes pratiques nutritionnelles, incluant de l’information sur les causes et conséquences de la malnutrition, sur les moyens de l’éviter par la préparation de bouillies enrichies, et sur l’importance du respect des règles d’hygiène de base lors de la confection des repas.

«Argent contre travail» :

De nombreuses personnes déplacées ayant perdu toute ou partie de leur maison dans des incendies criminels, l’objectif était de les aider à réhabiliter leurs abris, ou à en construire de nouveaux ‒ parfois hors de leurs villages d’origine si la situation sécuritaire ne leur permettait pas d’y retourner. Pour ce faire, les bénéficiaires sélectionnés ont reçu une rémunération en contrepartie de la réfection des habitations traditionnelles endommagées ou détruites (puisage et transport de l’eau, transport des pierres et de la paille, préparation du mélange à base de terre pour le ciment naturel, etc.).

Témoignage d’Asta Djavi

« Je m’appelle Asta Djavi. Ma famille et moi vivions à Hidoua. Quand les hommes de Boko Haram sont arrivés, nous étions endormis dans notre maison. Nous sommes sortis en courant pour sauver notre vie, en laissant derrière nous l’argent, les chèvres, le mil, les vêtements et d’autres choses : nous nous sommes enfuis sans rien prendre. Mais vous êtes venus nous aider en pensant à la nutrition de nos enfants, nous avons reçu un seau, du mil, de l’arachide, du soja, du sucre, du sel, du savon ! Vous nous avez appris à faire la bouillie à nos enfants. Nous vous en sommes reconnaissants. Merci à vous qui êtes venus jusqu’à nous et merci aux bienfaiteurs qui pensent à nous. »

Ce dernier témoignage d’Asta démontre bien la différence que nous avons été capable de faire avec le CDD-Caritas de Maroua-Mokolo grâce aux dons du public amassés pendant la campagne #UrgenceCameroun. Grâce à la générosité des donateurs qui ont cru en notre projet humanitaire, des centaines de familles ont maintenant l’espoir d’un avenir meilleur.

Pour en savoir plus sur notre projet de réponse d’urgence intégrée pour les populations vulnérables, déplacées et locales, affectées par la crise dans l’Extrême-Nord du Cameroun, consultez notre site Web.

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